La République Marseille


La République Marseille est un ensemble singulier de sept films proposant sept univers intimement liés à la ville de Marseille.

Que voit-on dans ces films ? Des visages, des personnes, la ville via les chemins empruntés par le réalisateur durant son séjour et parcourus le temps des entretiens, loin des clichés habituels toujours répétés lorsqu'il s'agit de Marseille, et la mer bien entendu comme horizon possible. Denis Gheerbrant semble cheminer dans la ville et ses quartiers non pas selon son propre mode opératoire mais en suivant les guides que sont les différents protagonistes de ses films. Ces derniers conversent avec Denis Gheerbrant qui leur pose des questions simples mais finalement toujours déterminantes car elles provoquent des récits qui disent la personne, la vie passée et la ville présente. Elles génèrent des moments troublants comme lorsque cette femme dans Les Femmes de la Cité Saint-Louis dit ne plus attendre quoi que ce soit de demain, ne pas vouloir le connaître. Quand on n'attend plus, on sort d'une société où chacun doit agir en fonction de ce qu'on attend de lui. Sans ce mécanisme on s'isole, on vit ou on est en passe de vivre en marge. C'est le cas de la plupart des personnes rencontrées et interrogées qui disent toutes à quel point les solidarités d'hier ne sont plus ou si peu. Denis Gheerbrant avec ses sept films agit alors comme un ciment qui recompose une histoire et une géographie universelle à partir d'une multitude de vies particulières mais ô combien immenses.

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Première partie au Cinéville de Laval le jeudi 10 décembre à 21h.


- La Totalité du monde (14 mn)

Quel cinéaste ne rêverait pas d'en saisir, ne serait-ce qu'une bribe ? C'est un peintre qui emploie cette expression. Avant, fils d'ouvrier, il a été ouvrier, puis docker. Et sur ces mondes, il porte un regard à la fois intérieur et décalé. Un petit film pour commencer, comme pour ajuster notre regard.

- Les Quais (46 mn)



C'est l'univers de Rolf, « docker de l'Estaque », comme une double identité, celle du port, d'une histoire qu'il légende, et celle d'un quartier populaire, ouvrier, toutes immigrations brassées, ouvert sur la mer. Blessé au travail, il reprend après deux ans d'inaction. Mais Roger - ancien dirigeant syndical à l'époque où les dockers bloquaient les armes pour l'Indochine - n'entretient guère d'espoir quant à l'avenir du port. Et l'Estaque de Rolf est en train de bien changer.

- L'Harmonie (53 mn)

De L'Harmonie de l'Estaque, à cent mètres de chez Rolf, on pourrait dire que c'est un fief, celui des anciens dirigeants de la cellule locale du Parti Communiste entrés en dissidence. On y vient de tous les quartiers alentour pour jouer au Loto et des jeunes y apprennent à chanter des airs d'opéra. Mais l'harmonie de l'Estaque-gare ce sont d'abord des femmes et des hommes ensemble. Et l'idéal politique toujours, ravivé par les élections qui remettent en jeu un siège de député tenu par les communistes depuis soixante-dix ans.

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Deuxième partie au Cinéville de Laval le lundi 14 décembre à 20h en présence de Denis Gheerbrant.


- Les Femmes de la cité Saint-Louis (53 mn)

Une cité jardin que les habitants, de génération en génération, depuis 1926, se sont appropriés pour en faire un petit monde, ouvrier, joyeux et combatif. Une société de femmes ? En tout cas, ce sont maintenant les femmes qui défendent leur désir de société, au moment où l'organisme HLM qui gère la cité veut mettre les maisons en vente.

- Le Centre des Rosiers (45 mn)



Une cité de la fin des années cinquante, avec ses grandes barres de béton brut, a quelque chose d'une forteresse. Le chômage, le commerce de drogue, la concentration de toutes les misères du monde feraient exploser cette cité, s'il n'y avait une formidable force de vie : l'aspiration tout simplement à aimer, gagner sa vie et faire partie de la société. Ce n'est rien d'autre que cela qui se joue ici : le centre des Rosiers est un centre social.

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Troisième partie au Cinéma Le Vox de Mayenne le mardi 15 décembre à 20h30 en présence de Denis Gheerbrant.


- Marseille dans ses replis (45 mn)

Un trajet, des usines du nord de la ville au bord de mer, la caméra comme un carnet de croquis à la main. Marseille invisible, comme cette femme qui se cache pour mieux libérer sa parole. « Marseille après la catastrophe » : un rescapé des années drogue et sida, des jeunes dans un club de quartier et à la boxe, deux amis qui ont monté leur boîte après la faillite de leur entreprise de décolletage, des jeunes filles au bord de leur adolescence…

- La République (85 mn)



A Marseille, c'est une artère de l'époque haussmannienne rachetée par deux groupes immobiliers. Elle se doit alors d'être embellie et la mairie la pare d'un tramway pour en faire le symbole d'une « reconquête du centre-ville ». Les habitants se parlent, se réunissent pour échanger leurs expériences et apprendre à se défendre. Ils étaient censés disparaître, ils se révèlent. Vincent, Jules et Monique, Madame Ben Mohamed et Madame Cary, certains ont un passé politique, d'autres pas, certains ont eu une vie tumultueuse, d'autres pas, c'est une petite république qui se monte là.
France, 2009
6h

Réalisation, photographie, son et montage : Denis Gheerbrant
Distribution : Les Editions Montparnasse



Les séances du 14 décembre à 20h au Cinéville de Laval et du 15 décembre au cinéma Le Vox de Mayenne se dérouleront en présence du réalisateur Denis Gheerbrant.
Critique et entretien - critikat.com
Dossier - commeaucinema.com
Dossier GNCR
Les films de D. Gheerbrant - lesfilmsdici.fr
Site du film - editionsmontparnasse.fr

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