Justino, le tueur du troisième âge
(Justino, un asesino de la tercera edad)




Justino, un puntillero (chargé de la mise à mort des taureaux dans les corridas) est mis à la retraite au bout de 35 ans de bons et loyaux services. Il reçoit comme cadeau d'adieu un couteau servant à achever les bêtes. Ce couteau lui servira tout au long du film à tuer ses victimes du même coup de grâce que les taureaux. Car tuer est pour lui le seul "divertissement" de sa vie de retraité ainsi qu'une source de revenus supplémentaires. Cela lui permettra de réaliser son rêve - partagé avec son fidèle ami, Sansoncito, le vendeur de coussins dans les arènes - qui est de partir en voyage, mais auparavant il lui arrivera beaucoup d'aventures aussi drôles que violentes...

Le portrait humoristique d'un serial killer heureux

Sous le terme "La Cuadrilla" (qui, dans le langage de la tauromachie, désigne l'équipe qui accompagne le matador) se cachent deux jeunes réalisateurs, Luis Goridi et Santiago Aguilar, qui ont tourné ensemble, avant Justino, plusieurs courts métrages.

Tourné en noir et blanc, avec un tout petit budget, le film fait le portrait humoristique d'un serial killer heureux - interprété par un acteur talentueux, Saturnino Garcia, qui a obtenu le Goya du meilleur espoir masculin... à 59 ans ! Justino fait penser inévitablement au film culte belge C'est arrivé près de chez-vous (plusieurs séquences parallèles, par exemple, même vue subjective d'un cadavre baillonné qui tombe, l'un dans une sorte de rivière et l'autre dans une poubelle) ou encore, dans ses meilleurs moments, aux comédies anglaises des années 50 (Noblesse oblige, Tueurs de dames...), voire au Monsieur Verdoux de Chaplin. Mais c'est une création originale qui relève de plusieurs genres (comédie, burlesque, suspense, horreur...), sans se laisser enfermer dans aucun - au risque de manquer d'unité, selon certains critiques - et le film a quelque chose de purement espagnol.

Au-delà de l'humour noir, très noir (vous êtes prévenus !), il y a dans Justino un propos dérangeant mais tout à fait sérieux sur la place du "troisième âge" dans notre société : " Ce film, d'un cynisme et d'une noirceur corrosive, se moque du respect béat dont on entoure nos anciens, juste parce qu'ils sont vieux !" (Thierry Valletoux, Studio)

"Sous des dehors de farce macabre, Justino nous dit que le paradis du troisième âge n'existe que sur les panneaux publicitaires pour station balnéaire." (Isabelle Daniel, Télérama)

"Justino est un film de fiction sociologique du futur immédiat : il présente les problèmes d'un retraité en 1995... Il y a en ce moment en Espagne plus de 7 150 000 personnes de plus de soixante ans. Parmi elles, 5 100 000 ont plus de soixante-cinq ans, et il y en a plus de 1 000 000 au-dessus de quatre-vingts ans. Ceci nous permet d'imaginer un monde parallèle dans lequel les personnes âgées assurent tous les rôles, y compris, pourquoi pas, celui d'assassin." 'Luis Goridi et Santiago Aguilar)
Espagne, 1994
1h35

Réalisation et scénario : La Cuadrilla (Luis Goridi et Santiago Aguilar)
Musique : José Carlos Mac
Interprètes : Saturnino Garcia, Carlos Lucas, Carmen Seguarra, Francisco Maestre, Juanjo Puigcorbé, Alicia Hermida, José Alias, Carlos de Gabriel

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