La Maison de Bernarda Alba
(La casa de Bernarda Alba)




Drame de femmes en Espagne : une mère et ses filles dans un huis-clos étouffant

L'Homme est absent mais au centre de toutes les conversations des soeurs. Seul pepe Romano, qui courtise l'aînée, a parfois le droit de lui parler mais on ne le voit jamais. C'est lui qui fera naître une situation explosive dans la maison. Situation accentuée par l'enfermement, le confinement.

Au plus fort de la chaleur et du silence, ce seront chamailleries, disputes, insultes entre les soeurs.

Huis-clos étouffant d'une famille soumise au pouvoir religieux. Impuissance des soeurs à réagir car elle sont ignorantes d'une autre réalité. Seule Poncia, la domestique, essaie désespérément de faire comprendre à Bernarda dans quelle frustration elle a plongé ses filles en les tenant prisonnières. Poncia, au service de Bernarda depuis 30 ans mais traitée en étrangère, est pleinement consciente du feu qui couve dans les coeurs des soeurs. A la petite servante elle confie : "Tu entends le silence ? Eh bien, dans chacune de ces chambres il y a une tempête".

Une autre femme déambule dans la maison : la grand-mère, transgressant toutes les règles, déguisée en mariée - en blanc "alba" tranchant sur les robes noires de toute la maison - ne veut plus voir ses petites filles se ronger le coeur.

La Maison de Bernarda Alba, film inondé de soleil, nous offre une distribution entièrement féminine éblouissante et époustouflante.

Mario Camus parle de La Maison de Bernarda Alba


"La Maison de Bernarda Alba est un drame de femmes par excellence. On n'y voit jamais les hommes mais ce sont eux les vrais protagonistes de l'histoire. Bernarda défend un e loi, un ordre imposé par les hommes. Mais je la trouve aussi pathétique. Elle doit faire un effort énorme pour se comporter ainsi.

C'est avec plaisir que j'ai accepté de tourner La Maison de Bernarda Alba. Le cinéma permet de montrer des choses et des nuances que l'on perd au théâtre et qui en même temps renforcent les choses...

Si je travaille sur l'oeuvre d'un auteur, c'est précisément son esprit qui doit présent sur l'écran."
Espagne, 1987
1h45

Réalisation : Mario Camus
Scénario : Antonio Larreta d'après la pièce de Federico Garcia Lorca
Interprètes : Irene Gutiérrez Caba, Ana Belén, Florida Chico, Enriqueta Carballeira, Aurora Pastor, Mercedes Lezcano

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