Amants
(Amantes)




Une histoire passionnelle

Ce récit, inspiré d'un sordide fait divers authentique, se déroule dans l'Espagne des années 50 : Paco et Trini sont officiellement fiancés. Et sur le point de se marier. Respectueux des conventions, Paco décide de trouver un travail qui assurera une vie décente au futur couple. A Madrid, il loue une chambre dans l'appartement d'une jeune et jolie veuve, Luisa, qui vivote de trafics plus ou moins louches. Une passion naît aussitôt entre eux. Paco se retrouve tiraillé entre la virginale mais non moins passionnée Trini et la sensuelle et immorale Luisa. Une tragédie va se jouer alors...

Amants reprend les thèmes chers à l'auteur, Vicente Aranda : l'Amour, le Sexe et la Mort, avec pour toile de fond l'Espagne franquiste. L'aspect politique est ici suggéré. L'histoire met davantage en exergue les affres d'une société conformiste, puritaine et machiste dont le personnage de Luisa représente la parfaite antithèse.

Par delà le contexte historique, Amants est une célébration des sentiments et un hymne à la Femme dont l'énergie et la détermination font l'admiration non dissimulée du metteur en scène qui dit : "Cette capacité de survie chez l'être humain m'a toujours ému. Toujours est-il que ce sont bien les femmes qui portent, désormais, cette étincelle de vie, les hommes préférant, quant à eux, se laisser mourir lentement".

Au centre de ce drame passionnel, nous retrouvons pour notre grand plaisir l'actrice espagnole Victoria Abril qui a déjà tourné avec Vicente Aranda (El intruso). L'égérie du cinéaste Pedro Almodovar (Attache-moi !, Talons aiguilles, Kika...) est également bien appréciée du public et des réalisateurs français (La Lune dans le caniveau de Jean-Jacques Beineix, Une époque formidable de Gérard Jugnot, Gazon maudit de Josiane Balasko...).

Quelques mots sur le réalisateur


L'oeuvre de Vicente Aranda est une des plus foisonnantes du cinéma espagnol. Né à Barcelone en 1926, ce metteur en scène anti-franquiste invétéré a réalisé en trente de carrière plus d'une quinzaine de films. Néanmoins, il reste un cinéaste méconnu en France (quatre seulement de ses film sont été distribués). Son cinéma relève de scénarios originaux ou d'adaptation littéraires (Tiempo de silencio de Luis Martin Santos, El lute - camina o revienta et El lute II -mañana seré libre de Eleuterio Sanchez, Si te dicen que cai - Aventis de Juan Marsé...) qui sont autant de portraits de l'Espagne franquiste. A ses pairs qui le qualifient d'auteur classique (et en cela de "anti-Almodovar" !), Vicente Aranda qui se dit "partisan de la simplicité", répond avec humour : "Je vais vous faire un aveu : je suis un cinéaste d'avant-garde qui s'efforce de se dissimuler derrière le paravent du classicisme. Mais chut ! Jusqu'à présent, personne ne s'en est rendu compte !"
Espagne, 1991
1h50

Réalisation : Vicente Aranda
Scénario : Alvaro del Amo, Carlos Perez Mrinero, Vicente Aranda
Photographie : José Luis Alcaine
Musique : José Nieto
Interprètes : Victoria Abril, Maribel Verdu, Jorge Sanz

Ours d'argent de la meilleure interprétation féminine - Berlin 1991

accueil - programmations - festival reflets du cinéma - éducation au cinéma - autres projets - liens - infos pratiques