Ordinary people


Tôt le matin, sept soldats - parmi lesquels le jeune Dzoni, nouvellement engagé - sont réveillés par leur chef puis roulent en bus vers une destination inconnue. Par cette belle journée d'été, ils gagnent une ferme abandonnée et attendent...

Bientôt, d'autres bus et des camions arrivent. On en fait descendre des hommes, parfois très jeunes, des civils, prisonniers : les soldats vont devoir les tuer.

Vladimir Perisic, le réalisateur serbe du film, est né à Belgrade en 1976 ; les quelques dialogues sont en serbo-croate - et on pense, bien sûr, à la guerre en ex-Yougoslavie, à la « purification ethnique », aux crimes de guerre, au massacre de Srebrenica. Le film n'est pourtant pas un film historique sur cette guerre (les noms de village sont fictifs, les uniformes dénationalisés) : Perisic a voulu « utiliser la fiction comme un laboratoire pour analyser objectivement, presque scientifiquement, les comportements de violence pendant la guerre » - cette violence « scandaleusement ordinaire », comme le montre par exemple le traitement identique, « sur un même plan, une même durée, d’actions très différentes : se lever, manger, fumer une cigarette... et tuer ».

Ordinary People est un film fort, dérangeant et éprouvant : durée, silences et détonations, enregistrement minimaliste de ce qui se passe - spectacle de l'obéissance et du passage à l'acte criminel (mais filmé en refusant le spectaculaire habituel des images de guerre et de violence), dans l'indifférence totale à l’autre, de la part de gens ordinaires - et cette question finalement pour chaque spectateur : que ferait-il, lui, si la frontière est si ténue entre l’humanité et sa négation ? saurait-il dire non ?

« Je dirai que [mon film] est avant tout une leçon de désobéissance (...). Ce qui s'est passé en ex-Yougoslavie continue de résonner encore ailleurs de nos jours (...). Basculer dans l'irrationnel, de l'autre côté, est facile. Je veux montrer qu'il faut et qu'on peut résister ».

Ordinary People
, après avoir été présenté à Cannes à la Semaine de la critique, vient de remporter en août 2009 le prix du Festival du film de Sarajevo qui a également décerné le prix du meilleur acteur au jeune Relja Popovic (Dzoni), un non professionnel comme tous les autres comédiens du film.

Alain Le Foll
Serbie / France, 2009
1h20

Réalisateur : Vladimir Perisic
Scénario : Vladimir Perisic - Alice Winocour
Image : Simon Beaufils
Son : Frédéric Heinrich
Montage : Martial Salomon
Interprètes : Relja Popovic, Boris Isakovic, Miroslav Stevanovic
Distribution : Pyramide
Critique - critikat.com
Critique - fichesducinema.com
Critique - lemonde.fr
Dossier - commeaucinema.com
Entretien audio (20 min.) - telerama.fr
Site de la Semaine de la critique
Site du distributeur
Site du Festival du film de Sarajevo

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