Amerrika
(Amreeka)


Mouna est une mère divorcée (son mari l’a laissée pour une jeune et belle femme) avec un fils adolescent de 16 ans.

Elle passe sa vie entre son travail et sa vie familiale de part et d’autre du mur érigé entre Israël et les territoires occupés de Cisjordanie : travail à la banque à Jérusalem ; puis trajets en voiture de plus en plus interminables et semé d’embûches : chaque passage devant les soldats israéliens peut tourner à la catastrophe ; puis arrivée à la maison où elle doit subir les reproches de sa mère. Elle n’en peut plus…

Un jour arrive l’autorisation, demandée depuis longtemps (lorsqu’elle était encore mariée), d’immigrer aux USA. Un dernier incident, au point de passage israélien, la décide : elle partira aux USA pour trouver la liberté et une vie meilleure…

Direction : l’Illinois, dans une ville où vivent depuis 15 ans sa sœur, son beau-frère médecin et leurs trois filles. Elle vivra chez eux avec son fils, le temps de trouver un travail dans son domaine : comptable dans une banque et puis elle a des économies, pas de problèmes !

Mais c’est sans compter sur l’Histoire : nous sommes après le début de la guerre contre l’Irak et pour les Américains, Palestiniens et Irakiens c’est pareil ; musulmans ou arabes égalent terrorisme. Racisme, difficultés économiques vont surgir…
Il y a loin du rêve à la réalité…

L’Amerrika rêvée va virer au cauchemar.

Ce film avec beaucoup d’aspects autobiographiques est le premier de Cherien Dabis. La réalisatrice d’origine palestinienne est née aux USA, et elle partage sa vie entre ce pays et la Jordanie. D’un sujet grave et sensible : la situation de plus en plus dramatique des palestiniens en Israël et l’exil aux USA, où on ne les attend pas les bras grands ouverts, cette jeune réalisatrice a réussi à faire une comédie douce-amère remarquable et remarqué à Cannes.

Cette mère courage, jouée exceptionnellement par Nisreen Faour, femme tout en rondeur et en grâce, nous conquiert d’emblée. Certes le film utilise des ressorts déjà connus mais nous tombons sous le charme de ce très beau portrait de femme, toute en sensibilité et humour. Nous ne pouvons que nous réjouir devant la façon, certes à la limite d’une grande naïveté parfois, dont Mouna conduit sa vie et sa famille. Elle ne cède pas au pessimisme de sa sœur, interprété par Hiam Abbas, elle aussi remarquable, dans son rôle de nostalgique d’un temps qui n’existe plus en Palestine. Comédie sensible sur l’exil et sur la volonté farouche de s’en sortir… avec beaucoup d’humour et d’optimisme radieux.

Nisreen Faour, en mai dernier dédiait ce film aux mères et aux femmes du monde entier.

Michèle Glémain
USA, 2009
1h30

Réalisation et scénario: Cherien Dabis
Photographie : Tobias Datum
Musique : Kareem Roustom
Interprètes : Nisreen Faour, Melkar Muallem, Hiam Abbass
Distribution : Memento films Distribution

Prix de la critique internationale à la Quinzaine des réalisateurs Cannes 2009
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