La Maison est noire
(Khanek siah ast)




« Il ne manque pas de laideur en ce monde. Si l’on refusait de la voir, il y en aurait encore davantage. » (Forough Farrokzad)

Dans une salle de classe, penchés au-dessus d’un grand livre, les élèves louangent la création de Dieu : « Je Te loue de m’avoir donné des yeux pour voir toutes les merveilles, des mains pour travailler, des oreilles pour entendre les mélodies, des pieds pour aller où je veux. » « Qui est celui qui te loue dans l’enfer, ô Seigneur ? » interroge la voix de la narratrice. C’est ainsi qu’on entre dans La maison est noire : unique film réalisé, à l’âge de 27 ans, par la poétesse Forough Farrokzad, à la fois implacable portrait d’une léproserie et de ses habitants et puissante interrogation adressée à Dieu, créateur de cette souffrance.

« Si ce film est à un documentaire ordinaire sur une léproserie ce qu’une eau-forte de Goya est à un croquis réaliste, c’est par cette capacité de la cinéaste à regarder ces lépreux, et leur monde, comme une partie de la réalité visible – qu’il lui fallait regarder en face sans honte ni crainte – et tout autant comme une autre version possible de l’humanité, telle qu’on pourrait l’imaginer en fermant les yeux sur ces lépreux, pour garder dans le noir, paupières serrées, une sorte de présence rémanente de certaines images trop fortes pour passer à autre chose, pour se rafraîchir le regard. » (Alain Bergala)

Antoine Glémain
Iran, 1962
22 mn

Réalisation et scénario : Forough Farrokzad
Photographie : Sharokh Golestan, Soleiman Minassian, Amir Karrari
Analyse - horschamp.qc.ca
Bref article d'Alain Bergala et extrait du film - lettresperses.free.fr
Critique - theartisonfire.wordpress.com
Furough Farrokhzad - fr.wikipedia.org
Site dédié à Forugh Farrokhzad (Engl.)
Sur le cinéma documentaire iranien (André Habib) - horschamp.qc.ca

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